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Interview with yves-marie Geffroy

Graduating from the Poitiers school of Arts in France, Yves-Marie Geffroy established his own studio in 2006 having held the position of Artistic Director for different communications agencies in…

Designer of the Day Interview

16 May 2019

J'ai longtemps travaillé en tant que directeur artistique dans la communication, auprès d'artistes comme de sociétés. J'ai écris des scénario, réalisé des films et des documentaires. Tout cela n'a de sens que dans le plaisir personnel de la création et dans le message perçu par des gens que vous ne connaissez pas. Ne pouvant donc interagir directement avec eux, vous n'avez donc aucune prise sur le devenir, la transformation de votre message.

Je suis devenu designer, en allant dans différents musées. Je suis devenu designer, en dessinant. Je suis devenu designer, en écrivant. Je suis devenu designer, en observant la nature. Je suis devenu designer, en ratant. Je suis devenu designer, en trouvant. Je suis devenu designer, par hasard. Je suis devenu designer, parce que j'ai toujours su que c'était ma voie.

Je souhaite souvent répondre à une demande, un besoin.
Par exemple pour PULS, il s'agissait de proposer un mobilier répondant à de multiples PULS a été spécialement conçu pour répondre aux contraintes liées à l'environnement de travail du tertiaire : de l'openspace, aux bureaux figés, impersonnels, aux difficultés de remettre en question leurs emplacements. Ajoutez à cela un besoin naturellement accru des salariés de liberté, de mobilité, de personnalisation. Saupoudrez d'une demande RH d'espaces ouverts mais cloisonnés, de meubles ludiques mais professionnels, d'ergonomie de vie, et pourquoi pas du test and learn...

Mon processus de création commence par l'écoute. Quels sont les besoins, pourquoi, comment l'exprime le public, le client, est-ce qu'il l'exprimerai autrement si il n'était pas influencé par tel ou tel préjugé, contrainte secondaire...
Ensuite je ne fais rien. Ou plutôt j'attend. J'ai des enfants, un beau jardin, avec un potager. J'attend, cela peut prendre une journée, une semaine. Et quand je n'en peut plus d'attendre c'est que c'est là. A ce moment là, le plus souvent je ne sais pas encore sur quoi je vais partir. Mais une fois au travail cela vient tout seul, cela me surprend.

Dans le monde du design, des arts, de l'architecture ou de la décoration la liste de mes influenceurs serait longue à dresser et il faudrait sans cesse que je la mette à jour.
Et de même que les Arts, l'Histoire, les Sciences, la Nature, ma Famille, L'Ecriture, la Poésie, toute forme de vie, d'expression m'influence evidement sans ordre, ni hiérarchie.

J'aime le partage d'expériences, donner des conseils et en recevoir est le fondement même de notre métier, mais le meilleur conseil que je puisse donner est celui-ci, n'écoutez surtout pas les conseils.

Se référer à la question précédente.

Les tendances, bien que je sois toujours en admiration devant les nouveauté design et architecturales, je suis souvent en décalage des tendances. Si je me les approprie ce n'est que dans les finitions, les teintes, l'accessoirisation. Ce qui me parle plus, ce sont les nouveaux process, les matériaux, la durabilité, l'identité particulière d'un objet et sont rapport à l'utilisateur.

Ma priorité est de proposer à l'utilisateur des objets design dans le sens ou l'entendait Dieter Rams : novateur, utile, esthétique, compréhensible, discret, honnête, durable, bien fini, durable, minimaliste. Je n'ai pas trouvé mieux. A cela l'on pourrait ajouter l'émotion, bien que ces dix socles combinés la procurent souvent.
Ces contraintes sont simples, évidantes et déterminantes. Quand je dessine un produit, si l'un de ces engagements n'est pas exprimé, ou insuffisamment, cela suffit à le remettre en question.

Designer Interview

24 April 2017

Studio Designer et un bureau de création axé sur la question de l’identité. Nous cherchons à définir ce qui fait lien, du micro au macro, de l’homme à la société, du produit à son accessibilité.

Le design est comme une proposition de l’objet suggérant ce qu’il est, sa voix, ses intonations. Une vibration.

Mon premier travail a été de réaliser un DVD à l’interface et au design interactif. Je travaillais pour Publicis et le directeur de Toshiba nous avait lancé le défi de créer un DVD rectangle au format carte de crédit. C’était en 2000, une première. Et le premier DVD au monde encodé en MPEG4.

Quand j’écoute, j’observe les autres. C’est un mélange d’imagination de confiance et d’empathie.

Une énergie concentrée en un point. Et étrangement une forme de détachement, comme si je me regardai faire.

Quand on regarde la nature il est évident qu’un arbre, un aigle, un os, une plume sont des designs réussis. Mais que dire d’une limace, de la tête d’une chauve souris, d’un intestin ? Ils sont évidement adaptés, ont fait leurs preuves. Un design réussi est aussi ce qui permet au sujet d’optimiser son fonctionnement, son utilité, son espérance de vie. Cela va bien au-delà de l’apparence, mais souvent y contribue.
Une plume n’est elle pas un poil qui a réussi ?

Je pense tout d’abord à son esthétique et je me force de remettre cela à l’arrière plan, pour me centrer sur l’expérience que propose l’objet. Ensuite viennent ses caractéristiques structurelles : ergonomie, durabilité, matériaux … et si l’ensemble fonctionne il est certainement design, sans avoir besoin de répondre à mes critères d’esthétiques.

Depuis Apollo 11, nous avons prit conscience de la finitude de notre planète. Hors le désir d’en profiter plus et plus vite n’en a été qu’exacerbé l’emportant largement sur notre devoir de préservation. Dans ce cas notre responsabilité sera d’être intègre dans nos créations, c’est à dire sans peur et en conscience.

L’avenir de la conception ?
Le design a toujours été sensoriel. De la première pierre taillée au prochain iPhone. Le design du futur projettera le sensoriel plus loin et surtout plus finement afin peut être de ne plus être simplement gourmand mais gourmet.

Je commence souvent par me dire « tout est possible ». Ce qui permet à mon imagination limitée de trouver un peu plus d’espace. Ensuite les réalités physiques, et financières font le tri, mais c’est une bonne façon de s’étonner soi même.

Oui, j’ai une règle d’or, un bon conseil : N’écoutez pas les conseils.

Je n’ai pas de préférences quand aux sujets. C’est plus souvent l’enthousiasme du commanditaire, quand à son rêve de conception, qui me donne la préférence de son projet.

Je suis en train de travailler au développement de More Is Different, d’autres concepts de mobiliers sont en train de voir le jour.

ym@studesign.com
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